Monsieur Madame collection complète des personnages iconiques alignés

Monsieur Madame : la collection complète des personnages

AUTEUR: Marie - 30/07/2026

Rares sont les collections de livres pour enfants capables de traverser 50 ans sans prendre une ride. Les Monsieur Madame font partie de ce club très fermé. Créés en 1971 par le Britannique Roger Hargreaves à la demande de son fils Adam, les personnages ronds et colorés sont aujourd’hui traduits dans plus de 40 langues et vendus à des centaines de millions d’exemplaires. Pas mal pour des formes géométriques avec des bras.

Posséder la collection complète Monsieur Madame, c’est l’obsession tranquille de nombreux parents, collectionneurs et nostalgiques. Mais combien y a-t-il de personnages exactement ? Qui les a créés après la mort de Roger Hargreaves en 1988 ? Et par où commencer quand on part de zéro ? Voici tout ce qu’il faut démêler.

Les Monsieur Madame en chiffres

Le décompte officiel des personnages

La collection se divise en deux séries distinctes :

  • La série « Monsieur » : 48 personnages, de Monsieur Chatouille (n°1) à Monsieur Bing (n°48).
  • La série « Madame » : 42 personnages, de Madame Autoritaire (n°1) à Madame Coquette (n°42) selon la numérotation française.

Total : 90 titres dans la numérotation originale anglaise (Mr. Men + Little Miss), mais la numérotation française peut légèrement varier selon les éditions. Certains opus publiés après 1988 par Adam Hargreaves portent la série à plus de 90 personnages si l’on intègre les ajouts récents comme Monsieur Malpoli ou Madame Princesse.

Roger Hargreaves vs Adam Hargreaves

Roger Hargreaves a créé et illustré les 46 premiers Monsieur entre 1971 et 1988, ainsi que les premières Madame. À sa mort en septembre 1988, son fils Adam — qui était à l’origine de la première question (« À quoi ressemble un chatouillement ? ») — a repris le flambeau. Adam Hargreaves dessine dans un style quasi identique à celui de son père, ce qui rend la continuité presque invisible pour un lecteur non averti. Les livres publiés après 1988 sont signés « d’après Roger Hargreaves ».

La série Monsieur : 48 personnages de A à Z

Les originaux de Roger Hargreaves (1971-1988)

Les premiers titres publiés forment le socle de la collection. Leur style graphique est légèrement plus brut, plus « seventies », ce qui en fait des pièces prisées des collectionneurs. Parmi les plus iconiques :

  • Monsieur Costaud (n°9) — carré, fort, rouge. L’un des préférés des enfants.
  • Monsieur Malin (n°4) — jaune en forme de poire, malin comme son nom l’indique.
  • Monsieur Heureux (n°3) — le sourire jaune devenu symbole de la collection entière.
  • Monsieur Grognon (n°11) — bleu cobalt, sourcils froncés, universellement reconnu.
  • Monsieur Bavard (n°25) — orange, il parle et parle encore. Les adultes s’y reconnaissent parfois.

Roger Hargreaves a conçu chaque personnage autour d’un trait de caractère unique, souvent exagéré jusqu’à l’absurde. C’est cette mécanique simple — un défaut ou une qualité poussé à l’extrême — qui rend les histoires universelles et lisibles dès 3 ans.

Les ajouts d’Adam Hargreaves (après 1988)

Adam a élargi la série avec des personnages plus contemporains. Monsieur Tatillon, Monsieur Bien-Élevé, Monsieur Bizarre font partie de ces ajouts. Certains critiques trouvent ces opus un poil moins percutants que les originaux — le concept du personnage mono-trait semble parfois s’étirer. Mais la cohérence graphique reste irréprochable.

La série Madame : 42 personnages et une histoire à part

Des débuts plus tardifs, un succès identique

La série Madame (appelée Little Miss en anglais) démarre en 1981, soit dix ans après les Monsieur. Les premiers titres — Madame Autoritaire, Madame Catastrophe, Madame Bonheur — posent les mêmes règles : une forme, une couleur, un trait de caractère. La série Madame compte aujourd’hui 42 personnages dans la numérotation française courante.

Quelques figures incontournables :

  • Madame Catastrophe (n°7) — tout va mal pour elle, et les enfants adorent ça.
  • Madame Tête-en-l’Air (n°3) — rose, distraite, attachante.
  • Madame Je-sais-tout (n°13) — bleue, sûre d’elle. Les enseignants la citent souvent en classe.
  • Madame Princesse — ajout récent, rose vif, couronnée.
  • Madame Coquette — dernière de la numérotation classique française.

Les personnages féminins et l’évolution des représentations

Un débat revient régulièrement : les Madame véhiculent-elles des stéréotypes ? Madame Petite, Madame Timide, Madame Beauté — les noms parlent d’eux-mêmes. Adam Hargreaves a répondu à ces critiques en introduisant des personnages Madame plus affirmés : Madame Courageuse, Madame Aventurière, Madame Capitaine. La collection évolue, sans renier ses origines.

Constituer la collection complète : par où commencer

Neuf ou occasion : les deux voies

Acheter la collection intégrale neuve représente un investissement d’environ 150 à 200 € selon les formats (poche, cartonné, grand format). Les coffrets thématiques — souvent vendus par séries de 6 ou 8 — sont une bonne entrée. L’éditeur français Hachette distribue la collection en France sous licence Sanrio.

Le marché de l’occasion offre des trouvailles : des éditions des années 1970-1980 avec les couvertures d’époque, sans code-barres, avec les publicités pour d’autres titres de la collection imprimées au dos. Ces exemplaires vintages se négocient entre 2 et 15 € pièce selon l’état, parfois plus pour les premiers tirages.

Les éditions spéciales et hors-série

Au-delà des 90 titres de base, Hargreaves / Sanrio a décliné la licence en dizaines de formats :

  • Albums géants illustrés
  • Livres d’activités et coloriages
  • Éditions bilingues français/anglais
  • Hors-séries saisonniers (Noël, Halloween)
  • Collaborations limitées avec des marques (Supreme x Mr. Men en 2018 — oui, ça existe)

Ces hors-série ne font pas officiellement partie de la collection numérotée, mais les collectionneurs les traquent avec autant d’acharnement que les originaux.

Vérifier la numérotation selon l’édition

Attention : la numérotation française ne correspond pas toujours à la numérotation anglaise originale. Un Monsieur n°30 en français peut être le n°32 en anglais. Si l’objectif est de compléter une collection cohérente, mieux vaut rester dans le même système de numérotation — soit tout en édition française, soit tout en anglais. Mélanger les deux crée des doublons et des trous incompréhensibles.

Monsieur Madame dans la culture populaire

Une licence mondiale, des déclinaisons infinies

Les Monsieur Madame ne se limitent pas aux livres. La franchise génère des produits dérivés dans presque toutes les catégories imaginables : peluches, mugs, stationerie, vêtements, papeterie, jeux vidéo. En France, on les retrouve aussi bien en grande surface qu’en librairie spécialisée. Sanrio, le groupe japonais propriétaire de Hello Kitty, a racheté les droits en 1988 — ce qui explique l’omniprésence mondiale de la marque.

Les Monsieur Madame ont aussi eu droit à leur série animée, d’abord britannique dans les années 1980, puis une version française produite par Saban dans les années 1990. La série 2008 (The Mr. Men Show) a modernisé les personnages avec un style plus dynamique, pas toujours apprécié des puristes.

Pourquoi cette collection traverse les générations

La vraie force des Monsieur Madame, c’est leur capacité à fonctionner sur deux niveaux simultanément. Un enfant de 4 ans rit de Monsieur Maladroit qui renverse tout. Un adulte y lit une métaphore sur la maladresse sociale. Cette double lecture, sans jamais être forcée, est la marque des œuvres qui durent. Roger Hargreaves avait compris en 1971 ce que beaucoup de créateurs de contenus cherchent encore aujourd’hui : la simplicité n’est pas une limitation, c’est un amplificateur.