Sortir un RPG culte de son écrin 16-bit pour le remettre à neuf, c’est un exercice périlleux. Final Fantasy IV Complete Collection le réussit avec une franchise qui n’a jamais vraiment vieilli — du moins dans ses grandes lignes. Cette version PSP, publiée en 2011 par Square Enix, rassemble dans un seul cartouche le jeu original de 1991, son long épilogue The After Years, et un chapitre intermédiaire inédit. Difficile de faire plus complet.
Pourquoi en parler encore ? Parce que c’est l’édition de référence pour quiconque veut découvrir ou redécouvrir Cecil, Kain et Rosa sans passer par des versions édulcorées ou des portages approximatifs. Voici ce qu’elle contient, ce qu’elle vaut, et comment s’y retrouver.
Ce que contient vraiment la compilation
Final Fantasy IV : le jeu original refait
Le cœur de la collection, c’est évidemment Final Fantasy IV, dans une version graphiquement reconstruite en 3D isométrique — le même moteur utilisé pour le remake DS sorti en 2007. Les personnages disposent de modèles polygonaux, les décors sont redessinés, et les cinématiques ajoutées donnent au récit un relief que la Super Nintendo ne pouvait pas offrir.
L’histoire reste identique : Cecil Harvey, chevalier sombre au service d’un roi tyrannique, finit par se retourner contre son maître après un massacre. Le scénario tient la route 30 ans plus tard — trahisons, rédemption, sacrifice. Square Enix n’y a pas touché, et c’est la bonne décision. La difficulté, elle, est paramétrable pour cette version occidentale : le mode standard est nettement plus abordable que le remake DS, réputé brutal.
💡 Notre conseil
Si vous débutez dans la série ou avez arrêté sur DS faute de courage, commencez par cette version PSP. La difficulté y est plus honnête sans être facile. Comptez environ 25 heures pour finir l’aventure principale.
The After Years : une suite méconnue mais solide
Final Fantasy IV : The After Years est une suite directe, sortie initialement sur téléphones mobiles japonais en 2008, puis sur WiiWare. La Complete Collection est la première occasion pour le public occidental de la découvrir sur console portable en une seule installation.
L’action se situe des années après les événements du premier jeu. Ceodore, le fils de Cecil et Rosa, prend le relais en tant que personnage principal — mais l’histoire tourne rapidement autour d’un cast bien plus large, incluant la quasi-totalité des protagonistes originaux. C’est une structure narrative en chapitres, chacun centré sur un personnage différent :
- Chapitre de Ceodore (introduction)
- Chapitre de Rydia
- Chapitre de Yang
- Chapitre d’Edge
- Chapitre de Palom
- Chapitre de Porom
- Chapitre de Luca et Cid
- Chapitre de Kain (le plus intéressant narrativement)
- Dernier chapitre, qui réunit tout le monde
Le gameplay introduit le système « Lune », qui modifie les statistiques des personnages selon la phase lunaire du moment — une idée originale, parfois irritante, toujours cohérente avec l’univers.
Le chapitre intermédiaire : la vraie nouveauté
Entre les deux jeux principaux, Square Enix a glissé un chapitre intermédiaire exclusif à cette collection, baptisé Interlude. Court — à peine 3 à 4 heures — il fait le pont entre la fin de FFIV et le début de The After Years. On y suit Cecil et ses compagnons dans une mission qui contextualise les événements à venir.
✅ À retenir
La Complete Collection, c’est environ 70 à 80 heures de jeu en comptant les trois volets. Le contenu est massif pour un RPG portable, surtout avec le bestiaire étendu et les donjons post-game de The After Years.
🎯 Les améliorations techniques et artistiques
Graphismes et bande-son revisités
Le moteur 3D vient du remake DS, mais la PSP tire mieux son épingle du jeu sur grand écran grâce à sa résolution native 480 × 272 pixels. Les textures sont plus fines, les animations plus fluides. Résultat : la version PSP s’en sort souvent mieux visuellement que la version DS, malgré une puissance brute inférieure.
La bande-son de Nobuo Uematsu est réorchestrée. Pas de version symphonique intégrale — les contraintes de stockage PSP obligent à des compromis — mais les arrangements MIDI haute qualité font le travail. La piste originale reste disponible dans les options.
« Final Fantasy IV Complete Collection est la façon définitive de jouer à ce jeu sur une plateforme portable. »
— RPGamer, lors du test de la version occidentale
Traduction et localisation
C’est ici que Square Enix a soigné les détails. La traduction anglaise (la version française n’existe pas pour cette édition) reprend le travail de Ted Woolsey mis à jour, avec des dialogues plus proches du script japonais original. Des répliques édulcorées dans les versions SNES des années 90 retrouvent leur sens premier — notamment les scènes autour de la mort et du sacrifice.
⚠️ À garder en tête
La Complete Collection n’a jamais été traduite en français. Toute la narration, les menus et les doublages sont en anglais. Le niveau requis reste accessible pour qui maîtrise les bases de la langue.
Faut-il choisir cette version plutôt qu’une autre ?
Comparatif des portages de Final Fantasy IV
| Version | Points forts | Limites |
|---|---|---|
| SNES (1991) | Pixel art original, authenticité | Traduction amputée, pas d’épilogue |
| DS (2007) | Remake 3D complet, doublages | Difficulté très élevée, pas de suite |
| PSP Complete Collection | Jeu + Interlude + After Years, difficulté ajustée | Pas de FR, cartouche cher en occasion |
| PC / mobile (2014) | Accessible partout, prix bas | Graphismes de compromis, mises à jour lentes |
Le verdict sans détour
Pour jouer à Final Fantasy IV aujourd’hui, la Complete Collection reste la meilleure option si on possède une PSP ou une PS Vita. Elle offre le contenu le plus large, la narration la plus fidèle au script japonais, et une expérience visuelle cohérente du début à la fin. La version PC sur Steam est plus accessible en termes de prix, mais les graphismes « mobile » divisent.
Le seul frein concret : le prix en occasion. Les cartouches PSP neuves ont disparu des circuits officiels. Sur les plateformes de revente, comptez entre 40 et 80 € selon l’état et la région (version US ou EU). La version EU est plus rare — donc plus chère. Si vous avez une PS Vita, elle tourne parfaitement sur la console et se télécharge encore sur le PlayStation Store japonais (avec un compte adapté).
~70h
de contenu total entre les trois volets de la collection
Si vous cherchez d’autres compilations RPG de cette époque à explorer sur PSP, consultez notre sélection des meilleurs RPG PSP — plusieurs titres Square Enix méritent le détour.
Questions fréquentes
Final Fantasy IV Complete Collection est-il disponible en français ?
Non. La Complete Collection n’a jamais reçu de localisation française. Le jeu est entièrement en anglais, menus et dialogues compris. Square Enix n’a jamais annoncé de patch ou de réédition avec traduction française pour cette version PSP.
Quelle est la différence entre Final Fantasy IV sur DS et sur PSP ?
La version DS (2007) est un remake exclusif au jeu original, avec une difficulté très élevée et des doublages intégraux. La version PSP (2011) reprend le même moteur 3D mais inclut en plus The After Years et le chapitre Interlude, avec une difficulté revue à la baisse. Pour le contenu, la PSP gagne nettement.
Combien de temps faut-il pour terminer Final Fantasy IV Complete Collection ?
Comptez environ 25 heures pour Final Fantasy IV seul, 3 à 4 heures pour l’Interlude, et 30 à 40 heures pour The After Years avec ses nombreux chapitres. Total : entre 60 et 80 heures selon votre rythme et le niveau de complétion visé.
Peut-on jouer à Final Fantasy IV Complete Collection sur PS Vita ?
Oui. La PS Vita est rétrocompatible avec les jeux PSP, et la Complete Collection y fonctionne sans problème. Elle est également téléchargeable en version dématérialisée sur le PlayStation Store japonais avec un compte PSN japonais, même si cette option demande quelques étapes supplémentaires.
Faut-il avoir joué à Final Fantasy IV avant de commencer The After Years ?
Oui, fortement conseillé. The After Years est une suite directe qui repose sur la connaissance des personnages, des lieux et des événements du premier jeu. Sans ce bagage, les retrouvailles avec le cast original n’ont pas le même impact, et certains retournements narratifs perdent toute portée émotionnelle.